Les chaussures connectées d’Under Armour

Utilité réelle ou simple gadget ? 
 

 

A l’ère des nouvelles technologies, la liste des objets connectés ne cesse d’accroître.         

Entre montres, serrures, ou encore écouteurs connectés, nous ne savons plus où donner de la tête tant les choix semblent être infinis. Domotique, sport, santé, écologie, on en trouve dans  tous les domaines

Avant toute chose, définissons ce qu’est un objet connecté. Il s’agit tout simplement d’un objet du quotidien connecté à un réseau et capable de récolter des données ou d’envoyer des commandes à distance. Communiquant avec un ordinateur, un smartphone ou une tablette, cet objet est destiné à apporter des améliorations au quotidien de son utilisateur. 
 
Au niveau du domaine sportif, plusieurs objets connectés sont proposés aux utilisateurs   souhaitant évaluer, surveiller ou tout simplement connaître leur performance physique. Bracelets, montres, chaussures, chaussettes, tenues, skis et bien d’autres objets sont désormais connectés et mis à disposition des sportifs désirant avoir un suivi en temps réel. 
 

Un marché en expansion

Aussi étonnant que cela puisse paraître, la toute première paire de chaussures connectées date de 1986. Lancées par Puma, ces chaussures du nom de RS-Computer étaient dotées d’un microprocesseur capable de récolter un suivi de l’activité physique de son utilisateur. Il fallait les connecter à un ordinateur pour avoir accès aux données récoltées. Une réédition de cette paire est prévue par la marque, mais la date n’a pas encore été dévoilée. 

Bien que la première paire de chaussures connectées date d’il y a 33 ans, c’est encore un marché en plein développement. En 2012, Nike lança deux paires de baskets connectées, Lunar+ et Hyperdunk+. Plusieurs chaussures connectées ont vu le jour au fil des années, notamment en 2015, où une société du nom de Digitsole commercialisa des semelles chauffantes connectées, Warm Series, permettant de chauffer et de contrôler la température des semelles via l’application dédiée. L’année d’après, Under Armour, entreprise spécialisée dans l’habillement, lança sa toute première paire de chaussures connectées ; les SpeedForm Gemini 2 Record Equipped. Elle propose désormais une série de modèles. 

Les chaussures connectées apportent une véritable plus-value aux adeptes de courses, et plus particulièrement à ceux ayant déjà utilisé des objets connectés. Les chaussures de course dites « classiques » n’apportent rien d’incroyable si ce n’est que le confort. Réussir à combiner l’utile (chaussures connectées) à l’agréable (courses) est un aspect intéressant. 

Utilité réelle ou simple gadget ? 

Si cette paire de chaussures propose les mêmes fonctionnalités qu’un bracelet connecté, qu’est-ce qui fait qu’elle se démarque ? 

Voilà une bonne question qui mérite réflexion. De nos jours, les bracelets connectés sont un outil quasi-indispensable pour les sportifs souhaitant avoir un traqueur d’activité. Discrètes, elles proposent de nombreuses fonctionnalités telles qu’un podomètre, un cardiofréquencemètre, la possibilité de recevoir des notifications (messages, appels, etc.) et de gérer sa musique. Les modèles diffèrent, on peut également obtenir une analyse de notre sommeil. En bref, beaucoup de données récoltées dans un si petit bracelet. Dans le marché depuis de nombreuses années, on en trouve pour tous les prix.  

La première différence, donc, réside dans la multiplicité de choix pour les bracelets connectés. À l’inverse des modèles de chaussures connectées, encore peu nombreux dans le marché. 

Comme évoquées précédemment, les chaussures connectées sont un marché en pleine expansion. Encore méconnues, ce n’est pas le premier choix vers lequel les personnes se tourneraient. Pour ce faire, nous avons réalisé un sondage dans lequel 71 % des répondants disent ne pas connaître cette paire. 

En outre, les chaussures connectées ne sont pas aussi avancées que les bracelets, c’est-à-dire par là qu’il y a un manque de fonctionnalités. Comme nous l’a dit Valentine, vendeuse à Decathlon spécialisée dans ces objets-là, les sportifs recherchent principalement un cardiofréquencemètre à travers ces bracelets. Absent dans ces chaussures connectées, elles ne répondent déjà pas à une demande spécifique.  

Malgré un concept fort intéressant qui est de caler l’électronique dans des chaussures, objet que l’on porte quotidiennement, cette paire se doit d’être améliorée afin de répondre aux demandes basiques des sportifs, mais également d’ajouter des fonctionnalités qui se démarqueraient des bracelets connectés. 

Finalement, seule la personne qui les possède décide du statut à attribuer. Nous ne pouvons avancer que cette paire s’avère être un gadget sans avoir fait de tests au préalable. 

Les interfaces et l’interactivité

Under Armour, marque spécialisée dans les chaussures de running, a plusieurs applications à son actif, toutes dédiées à une branche spécifique. Concernant le running, il s’agit de MapMyRun. Liée à la puce se trouvant dans la paire, elle stocke les données telles que la vitesse, le temps, la distance parcourue, le nombre de pas effectués, le nombre de calories dépensées, etc. L’application est très complète, on y retrouve un tableau de bord reprenant les statistiques récoltées durant le parcours.  

Ce qu’on retrouve dans cette application et pas dans d’autres, c’est la possibilité de recueillir des informations telles que le poids et la taille afin d’étudier les performances sportives del’utilisateur. 

Les utilisateurs peuvent suivre des cours directement accessibles depuis l’application. En passant par des cours sur la perte de poids jusqu’à des cours sur l’entraînement pour un semi-marathon, les sujets sont ainsi diversifiés où chacun peut y trouver son bonheur. Évidemment, qui dit sport, dit objectifs à atteindre. Il est possible d’en créer sur MapMyRun. Elle propose également la recommandation d’applications, comme par exemple MyFitnessPal qui n’est autre qu’une application sur le suivi des calories. 

Concernant les interactions, il y a une communauté très active dessus où il est possible d’échanger (fil d’actualité, ajout d’amis, possibilité d’effectuer un live). Les usagers peuvent même créer leur propre parcours et le proposer aux autres en tant que défi.

 

Et l’intelligence artificielle dans tout ça ? 

L’intelligence artificielle est utilisée dans le but d’exécuter des commandes, des algorithmes réalisables par l’homme.  

Les chaussures connectées possèdent une connectivité Bluetooth, un gyroscope pour calculer le nombre de kilomètres parcourus avec le mouvement. Les paires ont notamment une fonction GPS qui permet d’enregistrer un trajet parcouru. Ainsi, l’utilisateur pourra le garder dans sa base de données et pourra l’utiliser et le partager, s’il le souhaite, avec d’autres utilisateurs de l’application. 

L’intelligence artificielle, dans ce produit, vient dispenser l’utilisateur de la mémorisation du trajet parcouru, ce qui laisse le sportif focaliser ses pensées sur autre chose que de savoir s’il a parcouru le même trajet ou s’il s’est trompé. Elle peut également analyser la foulée du runner durant sa course. Malgré ce point, l’intelligence artificielle aurait pu être plus poussée. Par exemple, la paire pourrait prévenir en cas de chute, pourrait conseiller et donner des informations quant à la posture du pied comme l’ont suggéré certains répondants lors du sondage. Cette paire n’exploite pas à fond l’IA, mais pourrait très bien être sujette à des améliorations. 

Prenons pour exemple la chaussure de Under Armour. Pour mettre en route la paire, il suffit de se connecter sur l’application MapMyRun, prendre la chaussure droite et la secouer de sorte à ce que le capteur soit identifié par l’application pour appareiller les chaussures. Après ça, il ne reste plus qu’à enfiler la paire et effectuer son sport pour que la chaussure enregistre les données. L’utilisateur en soi n’a rien à activer sur la chaussure étant donné que cela se passe une fois qu‘elle est en mouvementPendant l’activité sportive de l’utilisateur, l’application reçoit toutes les données enregistrées par le capteur situé dans la semelle de la chaussure. Ainsi, l’utilisateur pourra voir ses performances, et toutes les autres statistiques comme évoquées précédemment. 

Les controverses autour des chaussures connectées

Une bataille se livre entre les différentes marques de chaussures, en pleine croissance dans le monde du marché, les chaussures connectés cherchent à révolutionner la vie des utilisateurs en essayant d’offrir des caractéristiques qui intéresseront grandement les sportifs. En Belgiqueun grand nombre de personnes ne connaissent pas cet objetce qui rend la vente beaucoup plus difficile. Il n’y a que ceux qui se renseignent sur les nouvelles technologies qui s’intéressent aux chaussures connectées.  

La batterie installée dans la chaussure a suscité de nombreux avis et a freiné les utilisateurs dans leurs achats. Est- ce que l‘étanchéité de la chaussure est bonne ? Le risque zéro n’existe pas. Si de l’eau ou de l’humidité entrent en contact avec la batterie, il y a à ce moment-là un danger pour l’utilisateur. De plus, la durabilité de la chaussure, estimée entre 400km et 600km, pose problème. Les utilisateurs souhaitent que leurs achats soient rentables, surtout pour les sportifs qui courent 40 km par semaine pour un marathon.  

Les chaussures connectées peuvent augmenter le chiffre d’affaires concernant les objets connectés, en proposant un objet complet qui s’étend sur tout le domaine du sport et ainsi toucher un maximum de clients potentiels. Avec un objet qui ne répond pas aux attentes des futurs clients, le risque est de tomber dans l’oubli. Une mauvaise communication marketing entraîne aussi la perte de nombreux clients. Cette paire n’a pas particulièrement fait écho ici, nous n’avions jamais entendu parler de ces chaussures connectées auparavant, et deux de nos interviewés non plus. Le sondage, réalisé auprès d’internautes, le relève également. 

Les enjeux principaux sont évidemment de l’ordre de la vie privée. Les questionnements à propos des données récoltées sont perpétuels chez les utilisateurs. Y a-t-il possibilité d’être tracé ? Qui récolte mes données ? Est-ce que la sécurité est performante ? Lors de l’inscription sur MapMyRun, et comme sur quasiment toutes les applications, il faut accepter la Politique de confidentialité et les CGU pour y avoir accès. Dans la Politique de confidentialité, il est écrit « Nos Services peuvent fournir un accès, via un lien ou autre, à des sites tiers. Nous n’avons aucun contrôle sur les sites tiers, nous ne les vérifions pas et nous ne sommes pas responsables ni des sites eux-mêmes […] Notre Politique de confidentialité ne s’applique pas aux sites tiers et vous fournissez des données à ces sites à vos propres risques. ». La responsabilité quant aux potentiels risques de manipulation des données revient donc aux utilisateurs eux-mêmes. Y a-t-il un moyen de contrecarrer cela ? Sans acceptation de ces conditions, l’utilisateur n’a pas accès à l’application. La gratuité n’existe pas. 

Côté technique, il s’est avéré que 80% des applications de l’Internet des objets n’ont pas fait l’objet de tests quant à la résistance d’une attaque informatique, d’après une étude publiée par Arxan et IBM, en 2016. Quand on sait que même des voitures connectées ont pu être piratées, il y a de quoi se poser des questions quant à la sécurité de ces objets. 

Sondage réalisé auprès de 135 internautes

Quatre interviews, quatre avis

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Sources

BALDACCHINO Julien, Le retour de la première chaussure connectée du monde (de 1986) … va vous surprendre. France Inter. 14 décembre 2018consulté le 12/03/19. Disponible à l’adresse : https://www.franceinter.fr/emissions/net-plus-ultra/net-plus-ultra-14-decembre-2018 

 

DIGITSOLE. Semelles chauffantes Warm Series V6 ©2018 [Consulté le 15 mars 2019]. Disponible à l’adresse : https://www.digitsole.com/fr/store/semelles-chauffantes-connectees-warm-series/ 

 

Pierre Schellingen, La première chaussure connectée et interactive est française, LeFigaroMis à jour le 10/10/2014 à 16h40 Publié le 24/09/2014 à 11:04, consulté le 12/03/2019. Disponible à l’adresse : http://www.lefigaro.fr/lifestyle/2014/09/24/30001-20140924ARTFIG00117-digitsole-la-premiere-chaussure-connectee-et-interactive-est-francaise.php 

 

Pierre Anzil, Nike+ Training, la paire de chaussures connectée au téléphone, Lesnumériques, publié le 24/06/12 à 17h00 [consulté le 13/03/2019]. Disponible à l’adresse : https://www.lesnumeriques.com/montre-sport/nike-training-p13648/nike-training-paire-chaussures-connectee-telephone-n24874.html 

 

Boris Manenti, Le gadget de la semaine : les baskets connectées, Publié le 11 juillet 2012 à 10h44, o.nouvelobs [consulté le 15/03/2019]. Disponible à l’adresse : https://o.nouvelobs.com/high-tech/test-le-gadget-de-la-semaine/20120711.OBS6730/le-gadget-de-la-semaine-les-baskets-connectees.html 

 

PUJOL Gregori, Under Armour lance sa chaussure intelligente : la SpeedForm Gemini 2 Record EquippedJournal du GEEK, le 20 mai 2016 à 15h54, consulté le 22/02/19. Disponible à l’adresse : https://www.journaldugeek.com/2016/05/20/under-armour-lance-sa-chaussure-intelligente-la-speedform-gemini-2-record-equipped/ 

 

DABI-SCHWEBEL Gabriel, Objets connectés, quels en sont les enjeux ?, 1min30, 22/06/2017, consulté le 28/03/19. Disponible à l’adresse :https://www.1min30.com/developpement-web/objets-connectes-quels-en-sont-les-enjeux-121707 

 

Raphaële Karayan, Piratage d’une Tesla: ils transforment une voiture connectée en jouet téléguidé, publié le 21/09/2016 à 17:59 , mis à jour le 22/09/2016 à 17h47. [Consulté le 15/03/2019]. Disponible à l’adresse : https://lexpansion.lexpress.fr/high-tech/piratage-d-une-tesla-ils-transforment-une-voiture-connectee-en-jouet-teleguide_1832943.html 

 

UNDER ARMOUR. Apps ǀ Map My Run ©2019 [Consulté le 22 mars 2019]. Disponible à l’adresse : https://www.mapmyrun.com/app 

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