Lime

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Frédéric Godeaux
Arthur Soyez
Nina Dherte
Eloïne Philippe


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EMU 2
2018 – 2019

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Lime, cette jeune start-up de location de véhicules en flotte libre a été lancée en Janvier 2017 par Toby Sun avec le projet “LimeBike” en Californie. Elle pèse aujourd’hui près de 2,4 milliards de dollars. En janvier 2018, les trottinettes électriques apparaissent aux Etats-Unis et ce n’est qu’en novembre 2018 qu’elles arrivent dans les rues de Bruxelles.

Le fonctionnement de l’application est simple : l’utilisateur, grâce à elle, est libre de louer à la minute des trottinettes pour faciliter ses déplacements sur de courtes distances. Après être arrivé à destination, il peut “abandonner” son moyen de transport, sans se préoccuper du lieu de dépôt ou du niveau de batterie de ce dernier. En effet, Lime a choisi d’intégrer les citoyens dans l’écosystème de l’entreprise. Ce sont eux qui vont, une fois la nuit tombée et la batterie à plat, recharger les trottinettes en libre service et les replacer au petit matin pour quelques euros. Ce sont eux que l’on appelle les Juicers.

Les trottinettes Lime sont-elles, finalement, de vrais objets intelligents ? L’intelligence artificielle est un ensemble de techniques mises en place pour tenter de permettre aux machines d’imiter le plus possible les comportements et réflexions de toute forme d’intelligence réelle. Dans notre cas, le terme “IA” va être utilisé pour la capacité qu’ont les trottinettes et les bases de données de Lime à communiquer entre elles pour faciliter la vie des consommateurs.

Plus précisément, les trottinettes sont constamment reliées aux serveurs de Lime par internet pour communiquer en temps réels le niveau de batterie et leur localisation géographique précise. Ensuite, ces données sont communiquées aux utilisateurs de l’application s’étant connectés au préalable. Elle va ensuite calculer d’elle-même quelles sont les trottinettes les plus proches.
Du point de vue des “Juicer”, un algorithme spécifique entre en jeu dans le cas où une trottinette est “laissée à l’abandon”. Parfois, il arrive que certaines trottinettes soient laissées dans un quartier reculé par leurs utilisateurs. Pour motiver les Juicers à aller les chercher, Lime va donc faire monter leur valeur en fonction de la difficulté d’accéder à celles-ci.

Afin de mieux comprendre le système dans lequel Lime s’inscrit, voilà un écosystème de la société :

Malgré une communication mettant l’accent sur le côté “vert” de l’entreprise, il est légitime de remettre en question leurs intentions. Est-ce simplement du GreenWashing ou ont-ils un réel intérêt pour la production durable ? Être un employé de Lime (Juicer) et recharger des trottinettes tous les jours, vraiment un job de rêve ? Qui sont les adeptes de ce nouveau moyen de se déplacer dans les grandes villes ? Là où notre société ne supporte plus d’attendre le prochain bus, comment les infrastructures législatives peuvent-elles gérer ce nouveau mode de vie ?

Voilà les quatre thématiques auxquelles nous allons essayer de répondre tout au long de notre recherche.

Lime, une vraie mobilité écologique ?

Article rédigé par Nina Dherte

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Il serait évidemment trop facile de répondre à cette question par un simple « oui » ou « non ». Si Lime nous assure que oui, d’autres nous prouvent parfois que non. Qu’en est-il alors ? Quelle conclusion la plus honnête peut-on tirer de ce nouveau moyen de transport par rapport à son impact sur l’environnement?

Dans un premier temps, on serait tenté de dire que oui, c’est écologique, du moins bien plus que la voiture. La société Lime mise beaucoup sur une communication tournée vers les bienfaits qu’ont leurs trottinettes sur l’environnement.

Simon De Muynck, Coordinateur au centre d’écologie urbaine asbl et Collaborateur scientifique à l’ULB, amène quelques éléments de réponses. Il affirme dans un premier temps qu’en termes de bruit, d’impact CO2 et d’odeur, les trottinettes sont évidemment bien meilleurs élèves que la voiture. De plus, elles attirent tout un tas de personnes qui auraient tendance à utiliser leur voiture pour effectuer seulement 1 ou 2 km. Grâce à Lime, on empêche un peu tout cela. Petit bémol à ces aspects positifs : le fait que Lime a commencé à se développer et a désormais plus de trottinettes dans les communes riches de Bruxelles (Uccle, Bruxelles centre,…), ce qui empêche en quelque sorte l’utilisation fréquente de ces trottinettes pour des individus résidant dans des zones moins touchées par le phénomène.

Catherine Morenville, Échevine de la mobilité, du stationnement, de l’urbanisme, des espaces publics, des voiries, de l’égalité des chances et des droits des femmes de la commune de Saint-Gilles, et Simon De Muynck relèvent le fait que les trottinettes électriques subissent, pour le moment, un effet de mode et que toutes les personnes qui les utilisent ne le font pas forcément dans un soucis écologique.

Mme Morenville est tout de même plus optimiste sur ce point. Elle considère qu’il y a une vraie prise de conscience de la part de la nouvelle génération au niveau des enjeux écologiques. De plus, nettement moins de jeunes obtiennent leur permis à Bruxelles et beaucoup d’entre eux n’ont pas forcément l’envie ou le besoin de le passer. Ils préfèrent alors les transports tels que la trottinette, le vélo ou encore les transports en commun.

La vraie demande des utilisateurs concerne les trajets de nuit et cette cette dernière ne trouve pas de réelle réponse avec les moyens de transports « classiques ». Lime arrive donc avec une offre nouvelle qui va permettre aux utilisateurs de louer des trottinettes à n’importe quelle heure (tant que ces dernières sont bien chargées).

L’Échevine de la commune de Saint-Gilles insiste sur le fait qu’en utilisant une trottinette électrique, les utilisateurs sont susceptibles de se rendre compte qu’ils peuvent se déplacer en ville sans polluer et que, en plus de cela, ils voyagent à l’air libre, ce qui rend le trajet plus sympa. Lorsqu’on prend conscience de ces deux aspects, on est automatiquement plus vite intéressé par des moyens de déplacements encore plus « verts » tel que le vélo par exemple.

 

Catherie Morenville lors de la Prestation de serment comme conseillère communale – Décembre 2012

Je considère qu’il y a une vraie prise de conscience de la part de la nouvelle génération au niveau des enjeux écologiques

Catherine Morenville

échevine de la mobilité de St-Gilles

 

Mais quelle est, finalement, la position de l’entreprise Lime par rapport à l’environnement ? Le groupe Lime se revendique à 100% neutre d’un point de vue de son empreinte carbone. En fonction de ce qu’elle consomme avec ses trottinettes lors de la production de ces dernières et du rechargement, Lime va planter des arbres pour contrer les effets néfastes imposés à l’environnement cités précédemment. Cette solution de plantation d’arbres a été évoquée lors d’un échange que nous avons pu avoir avec Romain Dekeyser, Directeur des opérations de Lime à Bruxelles, mais nous n’avons pas pu trouver plus d’informations à ce sujet lors de nos recherches.

À Bruxelles, aucune trottinette Lime n’a encore été recyclée car aucune n’est encore arrivée en fin de vie. M.Dekeyser a attiré notre attention sur le fait que Lime produit ses propres trottinettes (beaucoup de leurs concurrents ne les produisent pas eux-mêmes mais les achètent) et que les entrepôts dans lesquels elles sont produites, réparées et chargées doivent impérativement utiliser des énergies renouvelables. En effet, toutes les pièces sont recyclées quand elles ne peuvent pas ou plus être utilisées. Ils démontent alors complètement la trottinette et commencent à trier les pièces suivant celles qui fonctionnent et celles qui ne fonctionnent pas. Tout ce qui fonctionne va être réutilisé pour des réparations et tout ce qui ne fonctionne plus va être recyclé (le métal est fondu et le plastique est fondu puis réutilisé). Pour les batteries, c’est une autre histoire. Lime a des partenaires qui vont s’occuper uniquement du recyclage des batteries. En Belgique, Lime travaille avec Bebat.

 

Toutes ces actions sont menées dans le but d'un bilan carbone 100% neutre.

©Lime Lime Green

Romain Dekeyser affirme que les articles circulant à propos d’une durée de vie des trottinettes électriques gravitant autour des 28 jours ne sont pas applicables aux trottinettes Lime mais bien à la société Bird, par exemple. Les véhicules de la marque au citron vert sont, en effet, réparées afin d’être réutilisées par la suite.

Le groupe Lime a déployé depuis quelques mois en Amérique un programme « Lime Green » avec lequel il va participer à un projet solaire dans l’Iowa, acheter de l’électricité provenant de champs d’éoliennes au Texas et être à la tête de projets avec Native Energy, une ONG d’énergies renouvelables.

Les trottinettes Lime seraient-elles donc un moyen fun et écologique pour se déplacer en ville ? Pas si sûr…

Il y a, certes, plusieurs avantages et côtés écologiques au fait d’ utiliser les trottinettes électriques en ville. Le fait qu’elles soient moins polluantes que les voitures reste une affirmation indéniable. Cependant, beaucoup de côtés obscurs leur enlèvent la casquette de « sauveuses de la planète » et de moyen de transport « fun ».

 

En effet, les rechargeurs des trottinettes (appelés « Juicers ») sont encouragés par l’application de Lime à utiliser des véhicules très polluants afin de pouvoir ramener le plus de trottinettes possible pour les recharger à leurs domiciles. « Nous aimons particulièrement les camions, les camionnettes, les 4×4 et les grandes berlines ! » est une des phrases que l’on peut retrouver sur l’application. En plus de casser complètement leur image verte et éco-responsable, cette incitation à recourir à d’énormes véhicules installe une certaine compétition entre Juicers. Qui arrivera à ramener le plus grand nombre de trottinettes ? Qui gagnera le plus d’argent grâce à cette chasse aux Pokem…trottinettes ?

Catherine Morenville attire l’attention de tous sur le fait qu’une réflexion écologique ne s’arrête pas seulement à l’environnement mais qu’elle englobe aussi les conditions de travail des employés de la société.

On ne peut, en effet, pas nier que le modèle de Lime est mis en place afin de découper et segmenter toutes les compétences pour rentabiliser à tous les échelons. Nous n’assistons donc pas à un magnifique système coopératif. Les Juicers sont considérés comme des indépendants et ne bénéficient pas de tous les avantages d’un salarié.
De plus en plus de lois sont en train de se mettre en place petit à petit en réaction à ce nouveau moyen de déplacement arrivé dans plusieurs villes de manière assez inatendue. Du point de vue de Catherine Morenville, il y a encore un gros travail à faire en termes de réglementations pour la dimension sociale liée aux conditions de travail.

Il reste donc encore beaucoup de travail à fournir de la part de Lime pour essayer de reverdir le blason d’une société qui fournit déjà des efforts conséquents en termes d’écologie mais qui se tire assez vite une balle dans le pied avec des contradictions flagrantes dans leur mode de pensée écologique. De beaucoup plus gros efforts sont encore également à fournir en ce qui concerne le bien-être de leurs employés rechargeurs.

Du positif et du négatif donc pour une société qui, malgré tout, ne cesse de rouler sur la route du succès.

 

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Webographie

LELIEVRE, Adrien, Lime vise un bilan carbone neutre pour ses trottinettes et ses vélos, Les Echos, 10 octobre 2018, [Consulté le 18 mars 2019]
Disponible à l’adresse : https://www.lesechos.fr/industrie-services/tourisme-transport/lime-vise-un-bilan-carbone-neutre-pour-ses-trottinettes-et-ses-velos-141475

PEYCHIERAS, Jade, Il passe ses nuits à recharger vos trottinettes électriques contre rémunération, France Inter, le 31 octobre 2018, [Consulté le 18 mars 2018]
Disponible à l’adresse : https://www.franceinter.fr/economie/il-passe-ses-nuits-a-recharger-vos-trottinettes-electriques-contre-remuneration

SAPORTAET Isabelle HOARAU Leia, Écologie : les trottinettes électriques, une tendance pas si écolo, RTL, le 31 octobre 2018, [Consulté le 19 mars 2019]
Disponible à l’adresse : https://www.rtl.fr/actu/conso/ecologie-les-trottinettes-electriques-une-tendance-pas-si-ecolo-7795387841

DELIGLIA, Florent, Quand Lime encourage l’utilisation de 4×4 pour recharger ses trottinettes, Le 16 octobre 2018, [Consulté le 19 mars 2019]
Disponible à l’adresse : https://www.lyoncapitale.fr/actualite/quand-lime-encourage-l-utilisation-de-4×4-pour-recharger-ses-trottinettes/

SUN, Toby, Lime Green: A Commitment to Our Colors, le 9 octobre 2018, [Consulté le 22 mars 2019]
Disponible à l’adresse : https://www.li.me/blog/lime-green-commitment-to-our-colors

FEHRENBACHER, Katie, 10 questions for Lime’s head of sustainability, Andrew Savage, Le 20 novembre 2018, [Consulté le 22 mars 2019],
Disponible à l’adresse : https://www.greenbiz.com/article/10-questions-limes-head-sustainability-andrew-savage

Quel modèle économique pour les Juicers de Lime ?

article rédigé par éloïne Philippe

Face au succès toujours grandissant de ce système de partage en mobilité douce, de nombreuses nouvelles entreprises se lancent sur le marché, engendrant une guerre acharnée à qui proposera le meilleur service.

L’une des différences majeures qui distingue Lime d’une autre entreprise, c’est son système de rechargement : si Tier, Bird et la plupart des autres marques fonctionnement en employant (sous de vrais contrats) des personnes qui rechargent les trottinettes dans des entrepôts dédiés à cet effet pendant la nuit, Lime détient sa propre communauté de Juicers, et à moindre prix.

Afin d’y voir plus clair, nous avons rencontré des employés de Lime. Thibault Vanrome, étudiant en 3ème année à l’EPHEC en E-Business à Bruxelles, est un ex-Juicer de trottinettes Lime-s. Lorsque ces dernières venaient à peine d’apparaître sur nos trottoirs, nous explique-t-il, tout de suite, il a été séduit. Comme beaucoup d’étudiants à Bruxelles, il vit à temps plein en colocation avec huit autres personnes. Quelques-uns de ses cokoteurs et lui se sont alors mis en tête d’intégrer ce système hyper américanisé.

Le principe est simple : vous vous inscrivez en tant qu’indépendant sur l’application et vous recevez un set de chargeurs dans les jours qui suivent. L’application indiques les coordonnées GPS, les niveaux de batterie et la valeur de la trottinette à charger, et c’est à vous de vous déplacer pour aller la chercher. Grâce au statut de Juicer, vous pouvez débloquer la trottinette presque plate pour la chevaucher jusqu’à votre domicile. Les trottinettes de base ont une valeur de 5 euros, mais peuvent augmenter de valeur dès lors qu’elles n’ont pas été ramassée depuis un moment, qu’elle est fort éloignée de la zone d’affluence ou que le nombre de trottinettes en circulation est moindre face à la demande. Une trottinette peut valoir jusqu’à 25 euros (en Europe).

Des trottinettes qui prennent de la valeur

L’application ne permet, de base, que de recharger dix trottinettes à la fois, ne fournissant que dix chargeurs « parce qu’ils coûtent chers », insiste Romain Dekeyser, le Directeur des Opérations de Lime Bruxelloises. Lorsque le Juicer monte en grade en remplissant tous les objectifs, il obtient un score plus élevé en tant que Juicer et reçoit par conséquent plus de chargeurs. La colocation de Thibault s’est dès lors vite transformée en chargeur géant, faisant sauter les plombs régulièrement tant la demande en électricité était forte. 

« Heureusement », l’électricité est comprise dans leurs charges et ils ne doivent pas en payer le surplus. Si cela n’avait pas été le cas, Thibault et ses amis y auraient réfléchis à deux fois, nous assure-t-il.

Cependant, ils ont vite déchanté. Parce que oui, si recharger des trottinettes tous les soirs afin de gagner quelques dizaines d’euros peut paraître facile, il n’en est rien. Lime base son système de rémunération sur le modèle du « travailler plus pour gagner plus ».

Cette gamification a donc impliqué une concurrence entre particuliers forte et déloyale. Des Juicers armés de remorques et de 4×4 sont apparus pour rafler en un temps record un max de trottinettes, ne laissant plus que des miettes pour les petits employés comme Thibault. Dans les bons jours, ils trouvaient deux ou trois engins à recharger. Ne prenant plus la peine de braver le froid pour des cacahuètes, Thibault a fini par recevoir un message de licenciement de la part de l’entreprise. Aujourd’hui, les chargeurs trainent toujours dans la cuisine…

L’entreprise Lime n’est pas partisane du contact humain. En effet, tout se fait via l’application ou par mail. En Belgique, il n’y a que deux employés physiques à proprement parler. Cependant, Thibault nous assure que le délai de réaction par courriel était très court lorsqu’il avait besoin d’une aide quelconque, et que les personnes au bout du clavier, dont le discours était automatiquement traduit, étaient toujours agréables.

Qu'en dit-on?

Vers la fin, on en voyait arriver équipés de remorques, et ça prenait une demi seconde
Thibault Vanrome
Ex-Juicer
Nous sommes, en termes de droits du travail, dans quelque chose de très contestable.
Simon de Muynck
COORDINATEUR DU CENTRE DE L'ECOLOGIE URBAINE

Simon de Muynck, coordinateur du Centre de l’Ecologie Urbaine, considère ce système extrêmement libéral comme étant très contestable en termes de droits du travail : zéro charge sociale et zéro charges patronales payées. Ces conditions sont très/trop peu élaborées, selon lui. Il serait d’ailleurs curieux de voir leur modèle économique sur tableau Excel pour savoir qui prend quoi en termes de rémunération. Quels sont les types de contrats des responsables ? « D’après ce que j’en sais, Lime est composé de petites mains qui soutraitent à des sous-traitant. Nous sommes, en termes de droits du travail, dans quelque chose de très contestable. […] si on analyse, on voit le découpage des différentes fonctions. On n’est clairement pas sur un modèle coopératif horizontal, mais plutôt sur un modèle qui découpe et segmente toutes les compétences et qui rentabilise à tous les échelons », conclu-t-il.

Les communes bruxelloises ont, en février, ont décidé que les entreprises de free-flotting devraient, d’ici septembre 2019, fournir un dossier complet sur leurs produits, leurs modes de fonctionnement, avec un maximum de transparence quant aux moyens de production, de réparation et de recyclage. Cependant, ce dossier ne fera pas mention des conditions de travail des employés, ce qui est grandement regrettable, selon Catherine Morenville, l’Echevine de la Mobilité et du Stationnement etc. de Saint-Gilles.

Cependant, Lime assure qu’ « une majorité de la flotte en libre-service est prise en charge par la société elle-même, mais que le nombre total de trottinettes est trop élevé pour que l’entreprise puisse toutes les ramener elle-même toutes les nuits ». Les Juicers sont donc plutôt considéré comme une bouée de secours lorsque les entrepôts sont débordés. Lime indique également que cette profession de Juicer est vouée à disparaître, pour une question de maintenance des trottinettes.

Malgré cela, Lime continue à se répandre comme une trainée de poudre dans toujours plus de nouveaux pays et de nouvelles villes. Sachant que le prix d’achat/fabrication d’une trottinette s’élève à une centaine d’euros (Lime ne communique pas clairement sur le sujet), que le trajet est l’addition d’un euro de prise en charge plus 15 centimes/minutes, la start-up peut espérer un retour sur investissement rapide. Même si les coûts de gestion sont LA grande inconnue de l’équation. Cette promesse de rentabilité séduit bien évidemment les investisseurs de la Silicon Valley, et a soulevé 765 millions de dollars ces derniers mois. Flairant le bon coup, Uber et Google ont investi très tôt. Ce qui permet à Lime d’être présent partout où agit Google Maps.

Les informations claires et précises étant confidentielles, il est difficile de répondre clairement et avec affirmation à toutes les questions que l’on se pose à propos du système économique de Lime. L’entreprise est encore un nourrisson à proprement parler mais risque de s’agrandir de plus en plus, et selon nous, elle ne manquera surement pas de s’améliorer dans les domaines qui lui font défauts.

 

2399999900
Chiffre d'affaire

Webographie

CORTES, Anthony, Et l’ubérisation créa… l’humain « chargeur » de trottinettes électriques (payé à la trottinette), Marianne, le 1 novembre 2018 [Consulté le 15 mars 2019] Disponible à l’adresse : https://www.marianne.net/societe/et-l-uberisation-crea-l-humain-chargeur-de-trottinettes-electriques-paye-la-trottinette

FEDOUACH, Mehdi, La « guerre » des auto-entrepreneurs pour recharger les trottinettes électriques, RTL info, le 9 Novembre 2018 [Consulté le 14 mars 2019] Disponible à l’adresse : https://www.rtl.be/info/monde/economie/la-guerre-des-auto-entrepreneurs-pour-recharger-les-trottinettes-electriques-1075836.aspx

PLESSE, Gregory, Un job d’appoint grâce aux trottinettes électriques, Le Parisien, Le 28 août 2018 [Consulté le 14 mars 2019] Disponible à l’adresse : http://www.leparisien.fr/info-paris-ile-de-france-oise/transports/un-job-d-appoint-grace-aux-trottinettes-electriques-28-08-2018-7868148.php

HAWKINS, Andrew J., Electric scooter charging is a cutthroat business, and Lime wants to fix that, The Verge, Le 15 mars 2019, [Consulté le 19 mars 2019] Disponible à l’adresse : https://www.theverge.com/2019/3/15/18267128/lime-electric-scooter-charging-juicers-harvesting-business

BEYER, Scott, An Interview With Toby Sun, Co-Founder Of LimeBike, Forbes, Le 17 Novembre 2017, [Consulté le 19 mars 2019] Disponible à l’adresse : https://www.forbes.com/sites/scottbeyer/2017/11/17/an-interview-with-toby-sun-co-founder-of-limebike/#3658817e1075

WACHUNAS, John, Lime One Year Report Reveals Early Impact Of Scooter And Bike Sharing, Le 23 juillet 2018, [Consulté le 20 mars 2019] Disponible à l’adresse : https://www.li.me/blog/lime-one-year-report-scooter-bike-sharing

LELIEVRE Adrien, Lime, la trottinette milliardaire, Les Echos, le 28 mai 2019, mit à jour le 7 mars 2019 [Consulté le 20 mars 2019] Disponible à l’adresse : https://www.lesechos.fr/industrie-services/tourisme-transport/0600802819848-lime-la-trottinette-milliardaire-2248484.php

Qui sont les utilisateurs réguliers de Lime ?

article rédigé par frédéric godeaux

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Vous avez sans aucun doute vu à de nombreuses reprises des personnes dans la rue utilisant des trottinettes Lime en vous demandant à quoi ressemble une vie d’utilisateurs régulier de ce genre de moyen de transport inclus dans la mobilité douce.

Quand on s’attarde plus sur le point de vue des utilisateurs des trottinettes Lime, on peut constater que toute l’application est extrêmement bien optimisée et très ergonomique ce qui la rend très abordable. On peut la télécharger, s’inscrire et louer une trottinette en un laps de temps de 10min seulement. Il suffit juste de donner quelques informations classiques et un moyen de paiement (carte de crédit par ex) pour pouvoir se lancer sur les routes.

 

© Mengxie.net

Au vu de ce que la compagnie annonce et d’après les dires de Romain Dekeyser, Directeur des Opérations de Lime à Bruxelles, Lime souhaite réellement s’installer de manière définitive dans toujours plus de grandes villes à travers le monde. Proposer un moyen de locomotion vert et écoresponsable pour remplacer la plus grande quantité de véhicules polluant possibles est leur principal objectif. Ils clament aussi participer au désengorgement des villes qui sont, pour une grande majorité d’entre elles, totalement saturées de voitures.

Les consommateurs ont de leur côté, pour la plupart, une volonté de gagner du temps et de passer un bon moment en se déplaçant dans Bruxelles.

Ils vont bien souvent se tourner vers Lime pour des petits trajets qui sont ou difficile/impossible ou trop long à effectuer en transports en commun.

Il est aisé d’imaginer que faire dix minutes de trottinettes est plus agréable que faire un trajet dans un bus surchargé, inconfortable et qui, de surcroit, mettra plus de temps.

La société se tourne de plus en plus vers une économie de partage comme le prouve les succès toujours plus grandissant de Airbnb, Uber et autre plateforme d’échange. Les gens sont tout à fait prêts à partager des outils du quotidien avec des inconnus si cela leur revient moins cher et que leur emprunte écologique est moindre.

Med Amine Mrad, Ingénieur en application software chez Nagelmackers, est un utilisateur régulier de trottinette Lime. Il s’en sert pour effectuer des trajets de courtes durées mais il a aussi recours aux services de l’entreprise quand il doit rentrer tard le soir chez lui et que les transports en commun classique n’offrent que très peu de possibilités. Il a été lui même un Juicer (noms donné par la compagnie aux personnes rechargeant les trottinettes durant la nuit) et nous confirme dans son interview que la météo et les températures plus douces qu’offre la saison estivale a été une des raisons le poussant à se lancer dans l’utilisation de ce moyen de transport atypique. C’est aussi le constat qu’a fait Julien Focant, Conseiller en mobilité à la commune de Schaerbeek, qui nous confirme que durant l’hiver, le taux d’utilisation de trottinette électrique était en baisse, mais que maintenant que le printemps est de retour, il s’attendait à une arrivée massive de nouvelles compagnie offrant toute sortes de véhicules en flotte libre mais aussi de nouveau consommateurs redoublant de curiosité face à ces nouveaux moyens de se mouvoir envahissant nos grandes villes.

Ces deux intervenants partagent leurs craintes que toutes ces nouvelles compagnies de Free Floating ne font que surfer sur une mode qui ne durera qu’un ou deux ans et qui finira par s’éteindre d’elle même quand l’effet de nouveauté se sera épuisé. Dans ce cas là, ce sont de nombreux emplois qui seront directement impactés par un tel phénomène. Lime a recours aux services de mécaniciens, de professionnels de la communication, de transporteurs pour l’aider à garantir la pérennité de ses services tout au long de l’année.

Pour en revenir à la trottinette en elle même, de nombreux utilisateurs voient d’un bon œil le côté récréatif et amusant dans son usage mais ils sont rares à prendre conscience des risques qu’ils prennent quand ils montent sur de tels engins. La principale problématique en matière de sécurité est que la loi se limite au conseille du port du casque et de vêtement réfléchissant et ne l’impose en aucun cas. Il faut garder à l’esprit que ces engins ont une tenue de route bien moindre que les vélos et peuvent atteindre aisément une vitesse de 30km/h. Ne mettons pas de côté le comportement de certains automobilistes qui ne sont pas encore habitué à circuler dans les grandes villes en présence de ces nouveaux venus de la route, ne faisant qu’augmenter le risque d’accident.

Il reste à aborder la question des dégâts que peuvent subir les trottinettes dans les mains de certains usagers maladroits ou irrespectueux. Même si on peut aisément dire que plusieurs engins ont disparu de la circulation pour quelques raisons que ce soit, le directeur des opérations de Lime Bruxelles nous a assuré que en 5 mois d’existence, il n’a du totalement remplacer aucune de ses trottinettes, se limitant à des réparations mineures. Le ressenti des utilisateurs sur l’état moyen des trottinettes est plutôt mitigé même si pour la plupart du temps ce ne sont que des parties « esthétiques » de la machine qui est abîmée.

© Lundi.am

Une vague mystérieuse de vandalisme aux Etats-Unis ...

Webographie

DUREL, Jérôme, Test – Lime-S : Les trottinettes électriques en libre-service, c’est cool, mais pas sûr que ça dure, CNET, 26 juin 2018 [consulté le 18 mars 2019],
Disponible à l’adresse :  https://www.cnetfrance.fr/news/test-lime-s-les-trottinettes-en-libre-service-c-est-cool-mais-pas-sur-que-ca-dure-39870200.htm


PEVRET, Emmanuèle, Trottinette électrique : « Ça prend moins de place qu’un vélo, c’est accepté partout, au bureau ou chez le docteur », Libération, 26 septembre 2018 [Consulté le 20 mars 2019]
Disponible à l’adresse : https://www.liberation.fr/france/2018/09/26/trottinette-electrique-ca-prend-moins-de-place-qu-un-velo-c-est-accepte-partout-au-bureau-ou-chez-le_1681454


JOACHIM, Comparatif BIRD – TROTY – LIME Trottinette de location en Belgique, Trottishop, 15 janvier 2019, [Consulté le 20 mars 2019]
Disponible à l’adresse : https://trottishop.be/comparatif-bird-troty-lime-trottinettes-de-location-en-belgique/

LIME, Mobility solutions that are shared, affordable and accessible, [Consulté le 20 mars 2019]
Disponible à l’adresse : https://www.li.me/community-impact

LELIEVRE Adrien, Lime, la trottinette milliardaire, Les Echos, le 28 mai 2019, mit à jour le 7 mars 2019 [Consulté le 20 mars 2019]
Disponible à l’adresse : https://www.lesechos.fr/industrie-services/tourisme-transport/0600802819848-lime-la-trottinette-milliardaire-2248484.php

Trottinettes vandalisées, Dans LundiMatin [en ligne]. [Consulté le 29 mars 2019].
Disponible à l’adresse : https://lundi.am/IMG/arton1484-resp2800.jpg?1537128981

L'impact sur la mobilité à Bruxelles

article rédigé par arthur soyez

©Lime Press

Depuis l’arrivée à la rentrée 2018 de diverses entreprises de véhicules en free floating, et ce du jour au lendemain sans aucune restriction apparente, que ce soit au niveau de la vitesse, des voies de communication ou encore de la sécurité des utilisateurs et riverains, la région Bruxelles-Capitale a dû réagir au plus vite à ce mouvement.

Le 9 novembre 2018 a eu lieu une séance au parlement bruxellois, l’ordre du jour, les accompagnements et aboutissants de ces nouveaux services de mobilité.

Les différentes entreprises de free-flotting auront jusqu'à septembre 2019 pour introduire leur dossier

Il y a été décidé que désormais les opérateurs devraient posséder une licence afin de pouvoir exploiter leurs services dans Bruxelles, pour l’obtenir, il suffira aux compagnies de demander un accord par courrier recommandé ou via une plate-forme électronique et par courrier électronique auprès de l’administration. Cette demande devra contenir un plan d’approche sur comment l’opérateur compte veiller aux conditions d’octroi de la licence : les véhicules doivent être munis de garde-boues, pouvoir supporter 100 kilos, être utilisable pour les personnes entre 1,50 et 2 mètres. Aux conditions d’exploitation : les zones de circulation qui correspondent au trottoir le véhicule roule à moins de 6 km/h et à la piste cyclable, dans le cas où il y en a une, sinon sur l’ensemble de la route. Les zones de de concentration, lors des dépôts, il faut que l’opérateur s’assure qu’il y ait suffisamment de place sur le trottoir pour les personnes à mobilité réduite (1,50m) ou non attaché un arbre comme pour les vélos. Ainsi que les sanctions qui seront applicables aux utilisateurs qui ne respecteront pas les règles des zones du véhicule, 50€ par véhicule en cyclopartage qui devra être déplacé, tandis les contraventions directes étant liées au code de la route, allant de 200 à 2000 euros, seront données par les policiers qui interpelleront les utilisateurs en infraction. Il leur faudra aussi être transparent sur la durée de vie, les réparations et entretiens des véhicules, le type de cyclopartage proposé, type la distribution, le nombre, la gestion et la commercialisation des différents produits ainsi que les tarifs mis en place.

 

Temps restant

Les règles RGPD doivent aussi être d’application sur leurs applications et celles-ci doivent être présentes sur au moins deux plateformes, en Anglais, Français et Néerlandais.

Dès lors, l’administration analysera les dossiers et acceptera si cela leur convient ou non et ce dans un délai de 6 semaines. Selon Julien Focant, conseiller en mobilité à la commune de Schaerbeek et Catherine Morenville, échevine en charge des espaces publics, de l’urbanisme, de l’égalité des chances et droits des femmes, de la mobilité et du stationnement à Saint-Gilles, les différentes communes sont favorables au développement de ces alternatives aux réseaux traditionnels, cela permet de fluidifier les canaux de mobilités traditionnels et poussent les citoyens à aller vers une mobilité multimodale.

Tous les opérateurs s’étant installés avant le 29 novembre et l’application de l’arrêté devront rendre un dossier pour la rentrée 2019, ce même arrêté a été mis en place le 1er février 2019, ces licences devront être renouvelées au bout de 3 ans.

" Les opérateurs disposent d'un point de contact, que l'Administration peut joindre en permanence "
§10 Chap. V. Redevance
Arrêté du gouvernement

Toutefois, la région souhaite travailler en étroite collaboration avec les différents opérateurs et pouvoir récolter les données des itinéraires, les lieux de dépôts et de retraits, le nombre d’utilisateur et kilomètres parcourues le tout sur base horaires, journalières, hebdomadaires et mensuelles, ce qui permettraient de quantifier plus précisément l’apport de cette technologie sur le trafic bruxellois.

Malgré le support des administrations, les utilisateurs semblent avoir du mal à s’habituer à ces nouveaux déplacements urbains comme l’appuie l’échevine Morenville, il y a eu une augmentation importante des accidents en trottinettes électriques dans Bruxelles, dont une anomalie présente sur 0,45% des trottinettes, lorsque celles-ci arrivaient à la vitesse maximale, elles se bloquaient et les utilisateurs chutaient, ces trottinettes ont été rappelées par Lime et remplacée.

Julien Focant quant à lui ne nous a pas parlé d’une croissance de ce genre de faits mais de plaintes de riverains pour le stationnement devant leurs portes, qui devraient être résolues d’ici septembre via les licences ou encore des alarmes antivols qui s’activent quand une personne déplace les trottinettes Lime sans avoir activé l’application auparavant, une fake new avait d’ailleurs été diffusée informant les voleurs ou les personnes trop curieuses que cette alarme se déclenchait dès qu’une personne les touchait et signalait l’infraction à la police mais The Guardians a mené une enquête auprès de la police qui ne semblait pas du tout au courant de cette communication, ni en contact avec Lime, nous relaye le site objetconnecte.net

Webographie/Bibliographie

LIME, Safety Update, Adrien, 23 février 2019, 12h00 [Consulté le 26 mars 2019]
Disponible à l’adresse : https://www.li.me/blog/safety-update-february-2019

LABBE P, un système antivol très étrange sur les trottinettes électriques, 7 juin 2018 [Consulté le 26 mars 2019]
Disponible à l’adresse : https://www.objetconnecte.net/systeme-antivol-lime-trottinette/

REGION BRUXELLES-CAPITALE, Arrêté du Gouvernement de la région Bruxelles-Capitale portant exécution de l’ordonnance du 29 novembre 2018 relative au partage de modes transports en flotte libre constituant une alternative à la voiture, Bruxelles, 29 novembre 2018 [Consulté le 26 mars 2019]
Disponible à l’adresse : http://www.etaamb.be/fr/arrete-du-gouvernement-de-la-region-de-bruxellescapit_n2019010473.html

MONITEUR BELGE, Ordonnance du 29 Novembre 2018, Bruxelles, 4 décembre 2018