Le robot de consultation

La robotisation des métiers de la consultation pour les cas légers afin de palier à la surcharge de travail des médecins et de leur permettre de se spécialiser dans les cas les plus graves.

Les robots pour remplacer les médecins, une possibilité dans le futur ?

Sarah Baneton, Perrine Juszczak et Soline Verbeyst

  • L’origine de cette innovation

L’idée nous est venue durant le brainstorming lors du premier cours de plateforme collaborative. On réfléchissait à comment se passaient les visites médicales de nos jours. On s’est rendu compte que c’était de plus en plus rapide. Les médecins nous reçoivent dans leurs bureaux, on leur explique ce qui nous dérange et après quelques minutes de questions et réponses, ils nous donnent leurs verdicts, nous prescrivent une ordonnance et passent au patient suivant tels des robots.

  • Pourquoi?

Cela va permettre aux médecins de pouvoir se concentrer sur les cas les plus graves en se spécialisant ou en passant plus de temps avec ces patients qui demandent une attention particulière. Ils pourraient aussi rejoindre leurs compères de la recherche scientifique afin de les aider à trouver des remèdes aux maladies grâce à leur expérience. C’est aussi un projet, qui pour l’instant, n’a pas encore réussi à être mis en place, ce qui le rend unique.

  • En bref

« Je pense avoir de la fièvre, je suis épuisée et je tousse. Je me rends chez le robot de consultation du coin. Il me scanne de haut en bas et voit ma gorge enflammée. Après avoir pris ma température, il cherche dans son immense base de données. « Vous sentez vous fatiguée ? Avez-vous des douleurs musculaires ? » je réponds que oui. J’ai la grippe. Sans attendre, la prescription fraichement imprimée sort de son buste, le certificat pour excuser mon absence au boulot aussi. « Juste un conseil, j’ai examiné le taux de gamma GT présent dans votre foie, diminuez la consommation d’alcool. » J’acquiesce en souriant, lui demandant d’effacer cette information de ma fiche médicale électronique et complète qu’il possède. Il refuse. Peu importe, il est programmé pour suivre la clause de secret médical quoi qu’il arrive. »

Voilà ce à quoi ressemblera une consultation chez le médecin dans 10 ans… Un robot sera capable de vous ausculter et de vous diagnostiquer comme un réel médecin ayant fait les années d’études nécessaires à l’acquisition de ces connaissances.

  • Un peu de contexte

De plus en plus, les médecins sont obligés de rallonger leurs horaires et de sortir tard de leurs cabinets pour essayer de recevoir tous leurs patients. Cependant, il ne faut pas oublier que ces médecins restent des personnes humaines qui ont besoin de temps pour leurs vies personnelles ou leurs vies de famille, mais aussi -et surtout- pour avoir l’occasion de soigner des cas plus graves que ceux qu’ils traitent actuellement. Voilà pourquoi ces robots-médecins seront plus qu’efficaces dans les prochaines années. Ils seront considérés comme les médecins de famille ; ils sauront quoi faire pour soigner toutes les petites maladies les plus courantes comme le rhume, la grippe, la gastroentérite ou la bronchite. Ces robots laisseront ainsi l’opportunité aux « réels » médecins de pouvoir se déplacer pour partir à la rencontre de cas plus complexes et de pouvoir par la même occasion se spécialiser dans un domaine précis.

  • N’ayez crainte

Pour les personnes qui se méfieraient de cette innovation ; ne vous inquiétez pas. La technologie est telle que ce robot-médecin ressemblera à une personne humaine. Il ne présentera aucun signe qui pourrait montrer que la « personne » en face de vous est un robot. Ce sera, en effet, un robot mais il tiendra une conversation avec vous telle une personne réelle. Il aura les connaissances d’un médecin diplômé de ses années d’études obligatoires. Les consultations resteront inchangées. Vous aurez alors l’impression d’assister à une consultation habituelle. Cependant, tout aura changé. En inventant ces robots-médecins pour toutes les visites basiques (gastro, grippe, varicelle, rhume, bronchite, …), nous offrirons aux « réels » médecins la possibilité de recevoir des cas plus inquiétants et de les soigner dans les plus brefs délais. De plus, ceux-ci seront aussi soumis à une clause de confidentialité où vos données seront protégées et gérées selon vos souhaits. 

  • Comment ça se passe ?

L’utilisateur, appelons le Julien, tombe malade, il appelle son généraliste pour avoir un rendez-vous.  Il en a un le lendemain matin. Il se rend chez son docteur qui n’habite pas la porte à côté mais c’est son médecin de famille depuis toujours et il le connait bien.

Arrivé dans la salle d’attente, il a pris de quoi lire car il sait que son médecin a généralement du retard. Dans la salle d’attente, il entend une dame discuter au téléphone des robots-docteurs, et comme que, même s’ils ne sont pas humains, ils sont efficaces.

Plus tard dans l’année, julien tombe encore une fois malade et décide d’aller voir un médecin-robot. Il se rend donc dans un cabinet près de chez lui. On lui demande si c’est sa première fois. On l’invite à remplir un formulaire en attendant le docteur. Le formulaire comporte des questions sur ses antécédents familiaux. On lui demande si il a déjà subi des opérations, ses informations personnelles comme son âge, son poids et son adresse. Il y a une case qui demande si le patient autorise que ces informations soit enregistrées. Elles pourront être transmises aux autres médecins-robots pour qu’il n’a plus à remplir de formulaire. Il accepte.

Dès qu’il a fini de remplir son formulaire, on lui demande de se rendre chez le docteur. Il tombe sur le robot qui le salue et lui demande de se mettre debout contre le mur. Le robot commence à effectuer un scan grâce à ces yeux. Il a détecté une zone très enflammée dans sa gorge. C’est une angine. Il l’annonce à Julien et une prescription sort du robot et il la prend. Le robot lui dit de prendre ces médicaments pendant quatre jours. Si sa maladie ne s’améliore pas d’ici la, il fallait revenir. Enfin il le salue et lui demande de quitter le cabinet.

  • Les bénéfices

Les bénéfices d’un robot qui nous diagnostique sont nombreux. Notre diagnostic est direct, il arrive souvent qu’on ne se sente pas bien mais que le docteur ne voit rien.  Il nous envoie voir un autre docteur ou on le fait de notre plein gré. S’il s’agit d’un robot, il a une base de données immense.

Lorsqu’on accepte que nos informations soient transmises aux autres robots-docteurs, peu importe où on se trouve, le robot sera exactement tous les soucis de santé qu’a eu son patient et les médicaments qu’il a dû prendre.

Les robots, ont une mission, détecter ce qui ne va pas, le temps du diagnostic est beaucoup plus rapide que chez un généraliste car celui si ne discute pas d’autres choses. Il sait qu’il a 20 minutes pour un patient et s’y tient.

D’un autre point de vue, cette innovation ouvrira les portes à de nombreux nouveaux métiers. Effectivement, il faudra des personnes pour créer ces robots et les entretenir.

  • D’un point de vue déontologie et éthique

La robotisation et l’automatisation des emplois soulèvent un grand débat. En effet, l’évolution et l’extension de ces technologies amènent actuellement au licenciement de travailleurs, spécialement dans les domaines des hôtesses d’accueil, des assistants et des caissiers. Si cela a été bénéfique pour la suppression de métiers dangereux et néfastes pour la santé des êtres humains, elle peut maintenant enlever du marché des emplois corrects. Cependant, la société et les technologies étant en changement constant, il est difficile d’aller contre ce mouvement. Le plus judicieux serait de reformer les emplois. En effet, ces machines demandent une création, une maintenance et une assistance. Ces étapes ouvrent un nouveau champ de travail, à condition d’instaurer des formations correctes pour y réinjecter les désœuvrés.

Une innovation robotique dans le domaine de la médecine pose aussi une question essentielle : celle du contact humain. Si scanner soi-même ses articles au magasin est concevable dans la conscience collective, sommes-nous prêts à renoncer aux conseils d’une personne qui – comme les médecins de famille- nous connait depuis des années, voit nos enfants grandir et prête une attention particulière à tous les critères et antécédents qui composent notre santé ? Aussi, sommes-nous enclin à ne plus disposer de ce climat de discussion et d’écoute sensible et humaine  qu’un médecin peut apporter ?

Il ne faut pas oublier que les médecins, ou plutôt « guérisseurs » dans le sens large, ont toujours fait partie intégrante de notre société. Des druides au mires du moyen-âge, ils font partie d’une entité culturelle. Mais la différence entre les guérisseurs à pouvoirs divins et mystiques de l’antiquité et les saignées pratiquées des siècles plus tard avant d’arriver à la médecine moderne que nous connaissons. C’est la preuve que le profil de ce que l’on considère comme professionnel de la médecine change au fil du temps. La robotisation pourrait n’être que l’étape suivante de cette évolution.

 

Une interview avec J. Héros (Flénu, Hainaut), jeune médecin généraliste

  • Que penses-tu de la robotisation des emplois en général ?

« Je suis mitigé. En un sens, je pense que cela pourrait éliminer les travaux à peine et qui demande de la répétition, un environnement qui pour moi pèse beaucoup sur le bien-être des travailleurs. Il ne faut pas oublier que la mécanisation à sauver des populations, en tout cas en occident, des métiers à risques… Pense aux mineurs de fond de la région auparavant. Cependant, je pense que l’on ne réfléchit pas à la transition. Je connais des employés de banques ou de postes qui ont perdu leur emploi à cause de l’automatisation. Sans aucune prise en charge des patrons et sans aucune formation permettant d’être redirigé ailleurs… »

  • Tu parles des domaines du service. Est-ce que tu te considères dans cette catégorie ?

« Bien sûr. C’est l’essence même de mon travail. Servir, aider, conseiller et prendre soin des autres. »

  • Et que dirais-tu si ton travail était remplacé par un robot dont l’intelligence artificielle aurait absorbé toute la matières de tes années d’études ?

« Alors d’abord, je serai effondré et relativement en colère ! Ca, c’est sûr, et aussi, subjectif. Sinon, d’un point de vue objectif et bien… pourquoi pas.

Je veux dire… En soi je suis un peu comme une machine. J’ai ma base de données, qui évolue, je suis confronté à des problèmes, je les analyse, et je trouve une solution. »

  • Donc tu penses que ce serait possible ?

« Oui et non. D’un point de vue technologique, oui j’y crois. Mais d’un point de vue sociétaire, jamais. Je m’explique. Les gens viennent ici parce qu’ils ont confiance. Le lien médecin-patient est vital. Il est rassurant. On a bien trop peur de l’erreur informatique pour mettre sa santé entre les mains d’une machine. Aussi, je ne pense pas que les qualités d’un robot soit comparables à nos capacités humaines. Beaucoup de gens ont le dos brisé, la solution directe c’est des antidouleurs et des séances chez le kiné pas vrai ? Sauf si je peux, grâce à mon contact direct avec mon patient mes connaissances approfondies sur lui, comprendre que ces maux sont liés au stress qu’il ressent à cause de son boulot ou de sa vie de famille et qu’une thérapie psy serait en fait la solution adéquate. »

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