Van Gogh – The immersive experience

     PAULET Lia, PINCHART Juliette, SCHALLIER Morgane

Le 22 octobre, nous nous sommes toutes les trois rendues à l’exposition temporaire « Van Gogh – The Immersive Experience » qui se tient dans le Palais de la Bourse de Bruxelles, situé en plein coeur de la ville de Bruxelles-Capitale. Ce bâtiment fut érigé entre 1868 et 1873 sous la direction de l’architecte Léon Suys dans le cadre d’un programme d’assainissement et d’embellissement de la ville.

Le Palais de la Bourse de Bruxelles est un lieu parfait pour accueillir cette exposition, de part sa localisation mais aussi car l’architecture d’intérieur du bâtiment apporte énormément de charme à cette installation très moderne.

Le Palais de la Bourse de Bruxelles

Du 10 octobre au 6 janvier, cette exposition a pour but premier, comme son nom l’indique, de nous immerger dans l’univers du peintre Vincent Van Gogh (1853-1890). Les oeuvres sont mises en scène sous la forme de vidéos et sont agrémentées d’une musique d’ambiance afin de rendre les peinture de l’artiste totalement vivantes. Le second objectif est de « vulgariser » l’art, souvent jugé inaccessible.

Un concurrent à cette exposition pourrait être l’exposition Klimt à l’Atelier des lumières à Paris, qui est elle aussi une exposition immersive dans l’univers d’un génie.

Ce concept d’immersion a attisé notre curiosité car aucune de nous ne l’avait encore expérimenté. Cette dimension nous tentait donc énormément.

Nous avons pu observer différents types de public lors de notre visite :
  •  Familles ; Le fait d’avoir une exposition plus vivante que les musées traditionnels, dans lesquels les enfants s’ennuient généralement assez rapidement, est un vrai plus pour les parents désireux de faire des sorties culturelles avec leurs petits.
  • Touristes ; La localisation du Palais de la Bourse attire évidemment beaucoup de touristes qui se baladent dans le cœur de Bruxelles.
  • Belges ; Une grande campagne de publicité à été réalisée autour de cette exposition en Belgique, c’est pourquoi nous savons pu également observer des adolescents ou adultes belges visiter l’exposition qui ne nécessite aucun pré-requis. Une personne peut totalement la visiter sans même connaître Van Gogh.
L’exposition est divisée en cinq sections distinctes :
  •  Salle 1 : Nous avons été immédiatement plongées dans l’ambiance un petit peu sombre spécifique à Van Gogh. Sur notre droite se trouvaient quelques textes explicatifs sur l’artiste et en face de nous il y avait une première projection vidéo avec une compilation de ses différents tableaux de fleurs dans des vases divers. Un effet de transition se faisait de manière délicate entre chaque bouquet.  Juste à côté se trouve une reproduction de la chambre de l’artiste  qui vise à nous faire entrer dans son intimité et plus seulement dans son oeuvre. Dans cette première section se trouvait également une SharingBox interactive. Celle-ci invite le public à se prendre en photo à l’intérieur de l’un des tableaux de Van Gogh, au choix. Une tablette est ensuite mise à disposition et permet l’ajout d’accessoires sur notre photo tels qu’un chapeau de paille ou une pipe par exemple.
  • Salle 2 : Elle est la plus grande mais aussi la plus impressionnante. Nous y avons passé plus d’une heure allongées sur le sol à nous laisser transporter dans l’univers du génie qu’était Vincent Van Gogh. Des projections de dix mètres de haut nous entouraient à 360 degrés. Les visiteurs peuvent observer les autoportraits les plus connus de l’artiste se balader sur les murs, La Nuit Étoilée, un train avancer à toute vitesse à travers plusieurs tableaux, des fleurs et des plantes grandir et envahir toute la pièce. Les transitions apportent un côté très esthétique à cette mise en scène. Parfois les tableaux se déforment ou disparaissent comme si la page d’un livre était arrachée pour laisser place à la suivante. D’autres fois, toute la salle est envahie de fumée ou de nuages pour laisser apparaître une nouvelle atmosphère. Durant la projection, la musique est également un facteur non négligeable de  l’expérience. En effet, elle est omniprésente pour accompagner les tableaux dansant et en fonction de ceux-ci, le son est tantôt doux, tantôt plus agressif. Dans cet espace, des chaises longues, des coussins ainsi que des tapis au sol sont mis à disposition des visiteurs afin qu’ils profitent de cette expérience confortablement installés pendant  la projection qui dure environ quarante minutes. Nous pourrions presque comparer cela à un cinéma: un grand écran, des sièges, une projection et du son.

  • Salle 3 : Cette pièce analyse l’un des tableaux les plus connus de Van Gogh, La Nuit Étoilée. Quelques rangées de chaises sont installées au milieu de la pièce face à un écran qui diffuse en boucle une vidéo qui analyse et explique cette œuvre qui serait apparemment la dernière qu’il ait peinte avant sa mort. Des textes explicatifs se trouvent également sur les murs en français et en néerlandais car la vidéo est en anglais uniquement.
  • Salle 4 : Cette section offre une opportunité de laisser notre créativité s’exprimer à travers le coloriage ainsi que le dessin. Cet espace est une sorte de petit atelier pour créer nos propres chefs-d’oeuvres. Les petits, comme les grands, auront ensuite la satisfaction de pouvoir projeter leurs dessins sur les murs de la pièce.
  • Salle 5 : Elle est remplie de casques de réalité virtuelle. Ceux-ci permettent aux visiteurs, moyennant 2€ supplémentaires sur le coup initial du ticket (qui est de 11,5 € pour les étudiants et les séniors, 14,5 € pour les adultes et 9,5 € pour les enfants) de se promener dans certaines œuvres de Van Gogh.

Cette exposition nous a fait ressentir différentes émotions. Nous avons d'abord été surprises car ce type d’expositionimmersive était une grande première. Ensuite nous avons été émerveillées et nous sommes retombées en enfance. Nous avons profité du moment présent et sommes tout simplement entrées dans les peintures de Van Gogh.
Le digital

Toute l’exposition a été construite autour des techniques digitales. Il n’y a aucune « vraie » œuvre de l’artiste dans la Bourse, au sens matériel. Dans chaque salle se trouvent des dispositifs multimédia tels que des projecteurs, écrans, enceintes, casques de réalité augmentée ou encore une SharingBox.

L’enjeu éthique et déontologique que nous pourrions souligner est le fait qu’il n’y avait justement aucune vraie œuvre de l’artiste dans toute l’exposition. Une peinture reste quelque chose de matériel et non une création numérique. Si toutes les expositions venaient à se diriger dans ce sens, que ferions nous des réelles peintures qui restent, selon nous, ce que l’on devrait admirer de Van Gogh?  Il faut voir ce type d’exposition comme un complément, une valeur ajoutée à son œuvre.

L’exposition Vision, aux Halles de Schaerbeek, nous présentait une petite salle immersive. Nous étions entourées d’un écran circulaire sur lequel était projeté une vidéo en 3D. Cependant, ce n’est pas comparable avec l’exposition Van Gogh qui est, selon nous, bien plus aboutie et scénarisée. Ici, toute l’exposition était faite pour nous immerger dans le digital. Tandis qu’aux Halles, il ne s’agissait que d’une petite installation dans une plus grande exposition.

Améliorations possibles ?

L’expérience utilisateur est extrêmement enrichissante. La seule chose que nous regrettons est que les vidéos ne soient pas également projetées au plafond étant donné que nous avions la possibilité de nous allonger sur le sol. Une autre piste intéressante serait d’avoir un peu plus d’informations. L’exposition est très belle visuellement, mais une personne ne connaissant absolument pas Van Gogh n’aura pas appris beaucoup sur l’artiste en lui même. Les textes explicatifs ne sont en effet pas très nombreux.

Nous pourrions également imaginer ajouter des éléments extérieurs qui supporteraient le digital pour rendre l’expérience encore plus réelle. Par exemple, à un moment donné dans la projection de la grande salle, un train s’avance vers nous et de la vapeur envahi l’écran. Nous pourrions ajouter des machines qui diffuseraient de la vraie vapeur.

La scénarisation…

Nous avons directement fait le lien entre cette exposition et notre cours de scénarisation interactive. A l’image de ce que nous apprenons à faire dans le cadre de ce cours, l’exposition raconte une histoire sous une forme digitale. Les tableaux se lient, se délient, changent de couleur, de forme et s’entremêlent. Les transitions sont fondues et délicates et une musique douce, grave ou rapide accompagne cette danse.

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